architecture

A propos d'agora, modèle et architecture

Bref historique

agora est à la fois le nom d'un modèle conceptuel et le nom de la plateforme expérimentale basée sur ce modèle. Cette plateforme constitue l'aboutissement d'une série de travaux d'intégration technologique et de diverses expérimentations scientifiques menés depuis 2004 au LIRMM par l'équipe Kayou (rebaptisée Smile en 2008). Entre 2004 et 2007 le développement a été financé par le projet européen ELeGI (European Learning Grid Infrastructure) . Depuis 2008, ce projet est soutenu grâce à diverses collaborations dont le CNR de Pise (voir ISTI, Istituto di Scienza e Tecnologie dell'Informazione ), l' Universidade Catolica de Brazilia et le CNFM (Coordination Nationale de Formation en Microélectronique). Actuellement, les développements complémentaires sont effectués dans le cadre du TGE (Très Grand Equipement) Adonis pour les SHS (Sciences Humaines et Sociales) avec le projet ECRINS.

Architecture de la plateforme agora

Démarche conceptuelle

La démarche conceptuelle de l'architecture agora consiste à rechercher une solution qui privilégie l'accès sécurisé aux ressources tout en conservant une libre exploitation de ces ressources par les communautés.

L'architecture d'un système informatique réparti impose des choix conceptuels qui semblent parfois incompatibles. En effet, Nous constatons que les solutions existantes s'orientent soit vers le tout sécurisé à administration centralisée, au risque d'exclure tout un pan d'utilisateurs intéressés, soit vers le tout ouvert, non-administré, au risque de se heurter à des usages malveillants. De plus le poids des habitudes dissuade les utilisateurs à migrer leur espace de travail hors de la sphère physiquement proche (l'ordinateur personnel ou le réseau local). L'architecture agora.

Pour y parvenir, agora défini deux types d'entités: les entités pro-actives (les agents) et les entités réactives ou passives (les ressources). Les relations qui se nouent dynamiquement entre ces entités constitue un système complexe en activité. D'abord, les agents ont besoin de se retrouver dans un environnement pour évoluer et interagir: l'espace collaboratif, un concept logique qui n'est pas toujours bien posé dans la littérature. Du point de vue de l'architecture agora, cet environnement est constitué de ressources réparties dans un espace physique correspondant à l'infrastructure. Une infrastructure est composée d'équipements informatiques interconnectés par un réseau. Tout ceci forme un système complexe à appréhender et à mettre en oeuvre. Les modèles d'architectures classiques tels que le client-serveur, montrent leur limites car ils ne tiennent compte que partiellement des quelques principes indispensables pour aboutir à un système véritablement autonome et doté d'une capacité d'auto-organisation. Par exemple, si l'on considère les utilisateurs de services informatiques comme les agents d'un système, ceux-ci se retrouvent indéniablement confrontés à des contraintes liées aux choix technologiques initiaux, adoptés plus ou moins arbitrairement par le concepteur du système et quasiment impossible à remettre en question, une fois le service déployé.

Principes

L'une des spécificité du modèle d'architecture agora réside dans le respect des trois principes suivants:

  1. Le principe d'ubiquité selon lequel la localisation des ressources est indépendant des conditions spatiales et temporelles d'utilisation. Ceci implique que la ressource utilisée par l'espace collaboratif doit être exclusivement délivrée par l'infrastructure et non pas au niveau de l'équipement terminal. La ressource inclut la capacité de mémoire, la capacité de traitement, la capacité de transport ou encore l'accès à une instrumentation lourde et complexe. Ce principe, qui, de surcroît, exige toute une panoplie de mécanismes de sécurité, adopte une approche de plus en plus répandue avec le concept de grille informatique.
  2. Le principe de présence augmentée (awareness) selon lequel les membres d'une communauté peuvent adopter différentes modalités de communication (services synchrones) pour renforcer l'état de présence vis à vis des autres acteurs. Typiquement, un espace collaboratif comporte un espace de données accessibles de façon asynchrone et un ensemble de services pour opérer sur ces données en mode synchrone. Il peut s'agir, par exemple, d'un service de visualisation partagé couplé à un service de communication audio visuel. Dans de nombreux cas, les solutions proposées n'offrent pas un panel de services totalement intégrés.
  3. Le principe d'immanence joue un rôle majeur dans la capacité des organisations à acquérir de l'autonomie. Les membres d'une organisation ne se connaissant pas nécessairement doivent etre en mesure de collaborer en toute confiance. Ce principe constitue la clé de voute de l'architecture agora dans la mesure où le résultat de l'activité du système est continuellement réinjecté dans l'organisation dudit système. Pour parvenir à une collaboration en toute confiance, il est nécessaire de faire appel à un certain nombre de mécanismes permettant de se prémunir des risques de rigidité organisationnelle. Il s'agit:
    • La délégation de droits entre membres d'une communauté;
    • L'habilitation pour un membre à effectuer certaines opérations;
    • Le niveau d'implication des membres au sein d'une communauté;
    • La cooptation de nouveaux membres parmi une communauté;

Ces mécanismes sont en cours d'étude dans le cadre du projet ECRINS.

Modèle conceptuel agora

Ainsi, l'architecture de la plateforme agora tire son originalité de par son modèle conceptuel et grâce à un ensemble de services de base. Comme le montre la figure ci-contre, le modèle conceptuel est composé de cinq concepts liés par quatre relations.

Concepts

Relations